Foire Aux Questions
| 1 - A quoi servent les bâtons des Mages ? |
Là encore, c'est un sujet assez flou. Tout ce dont nous sommes certains, c'est qu'ils ne servent pas à rien et qu'ils sont magiques. En premier lieu le bâton est un signe de l'appartenance à l'ordre des Istari. Lorsque Gandalf le Blanc devient le chef le l'Ordre, il brise le bâton de Saruman. Symboliquement, Saruman, s'étant détourné de sa mission, ne fait plus partie de l'Ordre des Istari. Gandalf, dans le SdA, utilise plusieurs fois son bâton, notamment lorsqu'il entre à Meduseld. Il insiste fortement et habilement pour garder son bâton : - Le garde hésitait encore.' Votre bâton, dit-il à Gandalf. Pardonnez-moi, mais cela doit rester aux portes.' Háma, plus loin dit : Le bâton entre les mains d'un magicien peut être plus qu'un simple soutien pour la vieillesse. Il semble donc que le bâton soit utile et Grima l'a compris : Ne vous avais-je pas conseillé, Seigneur, d'interdire son bâton? Cet imbécile de Hama nous a trahis ! Nous savons également grâce aux Contes et Légendes Inachevés que les bâtons étaient magiques. Gandalf est un transposition en anglais, du même ordre que celles opérées pour les noms des Hobbits ou des Nains. Le nom existe réellement en Vieux Norrois (c'est celui d'un Nain dans le Voluspá) et je l'ai utilisé car il m'a paru contenir le radical GANDR-, un bâton, et singulièrement, un bâton du type de ceux qui ont un usage "magique" [...] Certains stipulent que le bâton des Mages permet aux Istari d'utiliser de la magie : c'est la théorie d'Erik Tracy, disponible en français sur le site de Tolkiendil. Rappelons rapidement qui sont les Istari : des Maiar, emprisonnés dans des corps d'hommes. Les Istari, soumis aux effets de la Terre du Milieu auraient besoin d'un artefact qui serait un intermédiaire entre eux et leur magie. Non seulement le bâton permet d'utiliser de la magie, mais en plus il est nécessaire pour cela. Erik Tracy s'appuie sur cette citation pour le montrer : Saroumane se redressa de toute sa hauteur et leur jeta un regard menaçant de ses yeux noirs. "Mais ne vous imaginez pas qu'en perdant mes biens, j'ai perdu tout mon pouvoir" [...] Les Hobbits reculèrent. Mais Frodon dit : "Ne le croyez pas ! Il a perdu tout pouvoir, sauf sa voix qui peut encore vous intimider et vous tromper, si vous le laissez faire." Cependant, avant de combattre le Balrog, le bâton de Gandalf est brisé : […] A ce moment, Gandalf leva son bâton et, criant d’une voix forte, il frappa le pont devant lui. Le bâton se brisa en deux et tomba de sa main. Un aveuglant rideau de flamme jaillit. Le pont craqua. Il se rompit juste au pied du Balrog, et la pierre sur laquelle il se tenait s’écroula dans le gouffre, tandis que le reste demeurait en équilibre frémissant comme une langue de rocher projetée dans le vide. Même si Glamdring n'est certainement pas une épée banale, il semble étrange que Gandalf n'ait pas pu utiliser de magie durant le combat avec le Balrog. La question reste donc posée... |
| 2 - Combien de temps dure un âge ? |
Contrairement à une idée relativement répandue, nulle part il n’est dit qu’un âge dure 3000 ans exactement. Il suffit de jeter un œil aux appendices du Seigneur des Anneaux pour s’en rendre compte : le Troisième Age dure 3021 ans, le Second 3441, le Premier 590 . Si l’on remonte plus avant, on ne retrouve pas non plus ces 3000 ans : les Années des Arbres durent 1500 ans (soit 15 000 de nos années solaires). En fait, à chaque âge correspond une période de l’histoire d’Arda, se terminant par un événement marquant -dans l’ordre, l’arrivée de Fingolfin et de son peuple en Beleriand, la chute de Morgoth, la première, puis la seconde chute de Sauron-, de la même manière que nous divisons notre Histoire en Antiquité, Moyen Age, etc., périodes elle-aussi séparées par un événement –chute de Rome, de Constantinople, etc.-. Dernier argument, il est à noter que, dans la lettre 211, Tokien lui-même infirme cette thèse des 3000 ans : (...) nous sommes en actuellement à la fin du Cinquième Age, si les Ages ont la même durée que le Deuxième ou le Troisième. Mais ils se sont accélérés, je pense, et j'imagine que nous en sommes, en fait, à la fin du Sixième Age, ou dans le Septième. |
| 3 - Combien y a-t-il d'Anneaux de pouvoir au total ? |
Les Hommes en ont reçu neuf, les Nains sept, les Elfes trois. Ajoutons leur l'Anneau Unique et nous obtenons 20 anneaux de pouvoir. |
| 4 - Dans quel ordre lire les ouvrages de Tolkien ? |
Cette question revient souvent et elle est justifiée car les écrits de Tolkien – du moins ceux concernant le Légendaire – sont étroitement liés entre eux. Ainsi, par exemple, on ne pourra connaître l’histoire de Lúthien évoquée dans le Seigneur des Anneaux qu’en lisant le Silmarillion. Beaucoup conseillent donc à ceux qui veulent lire Tolkien de découvrir le légendaire de façon « chronologique », c’est à dire en commençant par le Silmarillion dont le premier chapitre, l’Ainulindalë, raconte la création du monde, afin d’aborder plus facilement le Troisième Âge du Soleil, période pendant laquelle les aventures de Bilbo et Frodo se déroulent. C’est une réponse logique mais qui ne nous paraît pas forcément très pertinente. Plusieurs personnes nous ont dit ne pas avoir aimé Tolkien. En leur demandant pourquoi, nous nous sommes rendus compte que ces personnes avaient commencé par lire le Silmarillion, les Contes et Légendes Inachevés, ou même les Contes Perdus. Nous aimons ces trois ouvrages, mais nous concevons tout à fait qu’un lecteur puisse ne pas accrocher avec le style des Contes Perdus ou le caractère décousu des Contes et Légendes Inachevés s’ils découvrent Tolkien par leur biais. Il est fort possible que ce site n’ait jamais existé si nous avions fait comme eux. En écrivant Bilbo le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, Tolkien a développé une partie du légendaire seulement. Les quelques dizaines d’années qui s’écoulent entre la découverte de l’Anneau Unique par Bilbo et sa destruction sont relatées en environ 2000 pages. Le Silmarillion raconte plusieurs dizaines de milliers d’années en 500 pages. Le lecteur, s’il s’attend à un roman classique d’aventures, sera donc très déçu. Ajoutons à cela une multitude de noms propres, de personnages, de lieux, d’histoires, et le lecteur sera très vite perdu s’il ne fait preuve de beaucoup de persévérance. Bilbo le Hobbit et le Seigneur des Anneaux sauront familiariser le lecteur avec le style de Tolkien et le décor de la Terre du Milieu. C’est d’ailleurs le Silmarillion qui éclaire sur le Seigneur des Anneaux et non le contraire. Bilbo le Hobbit se déroule avant le Seigneur des Anneaux lequel lui fait suite directement, et est beaucoup plus abordable. Le Seigneur des Anneaux présente des originalités (enchevêtrement des intrigues, changements de rythme incessants, longues digressions qui ne sont pas primordiales pour l’histoire) qui font de lui un livre plus difficile et beaucoup n’ont jamais réussi à le finir. Nous conseillons donc de lire en premier lieu Bilbo le Hobbit, plus léger, puis le Seigneur des Anneaux qui en est la suite. Alors le lecteur, s’il aime l’univers tolkienien, pourra lire le Silmarillion. Les Contes et Légendes Inachevés développent plusieurs points des trois livres précédemment cités, il est donc préférable de les lire après. A partir de là le lecteur pourra se plonger dans les HoMe… Les ouvrages de Tolkien ne faisant pas partie du Légendaire ne nous semblent pas demander d’ordre spécial de lecture. |
| 5 - En quoi Frodon a-t-il échoué ? |
Le conseil d’Elrond avait décidé que l’Anneau devait être détruit : « Il faut envoyer l’Anneau au feu [de l’Orodruin]. » (Le Seigneur des Anneaux, Livre II, Chapitre 2, Le Conseil d’Elrond). Frodon décida d’assumer cette tâche : « J’emporterai l’Anneau, encore que je ne connaisse pas le moyen. » (ibid), qui consistait donc à emporter l’Anneau, et à le jeter dans les Sammath Naur, le seul endroit où il pouvait mener à bien cette mission. Or, arrivé là, au terme de souffrances extrêmes, il succomba au pouvoir de l’Unique : « il ne me plaît pas, maintenant de faire ce pour quoi je suis venu. […] L ‘Anneau est à moi ! » (Le Seigneur des Anneaux, Livre VI, Chapitre 3, La Montagne du Destin). Il ne fut finalement détruit que grâce à Gollum, qui vola l’Anneau à Frodon, et sautant de joie, tomba accidentellement dans le Feu. Frodon n’a donc pas, stricto sensu, réussi sa Quête. Il n’avait pas, cependant, à être blâmé pour cet échec -et ne l’a pas été-, car, comme le dit Tolkien (dans la lettre 181) : « il existe […] des cas où le « bien » du monde dépend du comportement d’un individu dans des circonstances qui exigent de lui souffrance et endurance bien au-delà de ce que qui est normal », et plus loin « La Quête […] était vouée à l’échec ». En résumé, si Frodon a échoué, c’est parce que la Quête demandait des capacités –littéralement- surhumaines ; notez cependant que seul un Hobbit pouvait aller aussi loin dans la Quête : « une personne d’un plus grand pouvoir n’aurait probablement jamais résisté aussi longtemps […] ; une personne d’un pouvoir moindre ne pouvait espérer lui résister au moment de la décision finale. » (ibid). |
| 6 - Existe-t-il une biographie de J.R.R. Tolkien ? |
Il y a plusieurs travaux biographiques qui ont été réalisés autour de Tolkien. On citera par exemple J.R.R. Tolkien : le créateur du Seigneur des Anneaux de Michaël Corner (la traduction est signée Marie-Cécile Brasseur), ou, paru plus récemment The J.R.R. Tolkien Companion and Guide de Wayne G. Hammond et Christina Scull (cet ouvrage n’est pas disponible en français pour le moment). Il y a aussi la correspondance de Tolkien, The Letters of J.R.R. Tolkien, une compilation de lettres réalisée par Christopher Tolkien et Humphrey Carpenter. La traduction française est signée Vincent Ferré et Delphine Martin. Mais l’ouvrage biographique de référence reste Tolkien : A biography, de Humphrey Carpenter. La traduction française, signée Pierre Alien, existe sous le nom de J.R.R. Tolkien, une biographie. |
| 7 - Existe-t-il une suite au Seigneur des Anneaux ? |
Outre les différents épilogues publiés dans HoMe IX (Sauron Defeated), Tolkien écrivit un texte, The New Shadow, publié dans HoMe XII (The Peoples of Middle-earth). Cette histoire, dont Tolkien n’a écrit que quelques pages et qui est donc inachevée, se déroule au Quatrième Âge sous le règne d’Eldarion, le fils d’Elessar. |
| 8 - La Seigneur des Anneaux est-il une trilogie ? |
Non, absolument pas. Comme le dit Tolkien (lettre 165) : « Cela [la division en trois volumes], et les titres des parties, a été un subterfuge jugé nécessaire à sa publication, en raison de la longueur et du coût. Il n’y a pas de vraie division en 3, de même qu’aucune des parties n’est compréhensible prise séparément. L’histoire a été conçue et rédigée comme un ensemble ». Une trilogie, au sens premier, est une suite de trois œuvres littéraires (tragédies, romans), ayant chacune un début et une fin, et concourrant à un même but, bien qu’aujourd’hui l’on ait tendance à appeler « trilogie » tout groupement de trois livres. Ainsi, la trilogie marseillaise de Pagnol, ou la trilogie des Fourmis de Werber sont réellement des trilogies, car traitant de trois histoires distinctes ayant le même thème, voire les mêmes personnages, au contraire du Seigneur des Anneaux. |
| 9 - Le Galdor de Gondolin et celui des Havres Gris sont-ils le même personnage ? |
Tolkien a traité cette question dans l’essai Of Glorfindel (PMe, Last Writings), mais n’a pas donné de réponse. à moins qu’il ne soit dit dans La Chute de Gondolin qu’il ait été tué, on peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’une seule et même personne, un des Ñoldor qui échappa au siège et à la destruction de la ville, mais qui s’échappa vers l’ouest et les Havres, et non vers le sud et les Bouches du Sirion, comme le fit la majeure partie des restants du people de Gondolin, avec Tuor, Idril et Eärendil. Dans le Conseil d’Elrond, il est montré comme moins puissant et beaucoup moins sage que Glorfindel ; il ne retourna donc pas à Valinor, ne purgea pas de peine, et ne fut pas réincarné. Qu’il apparaisse ou non dans le Silmarillion, il doit être, comme son nom le suggère, un Elfe sindarin qui ne quitta jamais la Terre du Milieu et ne vit jamais le Royaume Béni, ou bien un des Ñoldor qui avaient été exiles à cause de leur rébellion, et qui était resté en Terre du Milieu, n’ayant pas, ou pas encore, accepté le pardon des Valar et voulu revenir à la demeure préparée pour lui dans l’Ouest, en paiement de leur valeur contre Melkor. Christopher Tolkien précise, après cette note 3, qu'il "n’y a aucune raison de supposer que lorsque mon père écrivait le chapitre Le Conseil d’Elrond, il associait Galdor des Havres avec Galdor de Gondolin". Mais Tolkien laisse le doute. La thèse des deux personnages distincts a été défendue par Edouard Kloczko sur le forum de Tham Onodrim. Il y évoque le fait que le Galdor de Gondolin était un Noldo, tandis que celui des Havres est un Sinda. Kloczko ajoute que la signification des deux noms est différente, le premier faisant référence aux arbres, le deuxième plutôt à la lumière. Pas de réponse sûre donc sur cette question… |
| 10 - Le Glorfindel de Gondolin et celui de Fondcombe sont-ils le même personnage ? |
Tolkien a traité cette question dans HoMe XII. Nous pourrions alors supposer que Glorfindel [...] débarqua [en Terre du Milieu] avec Gandalf-Olórin vers l'an 1000 du Troisième Âge. Les deux Glorfindel sont donc bel et bien le même personnage. |
| 11 - Les Balrogs ont-ils des ailes ? |
L'adaptation cinématographique de Peter Jackson représente le Balrog de la Moria avec des ailes, entraînant une confusion fréquente. Rien ne nous permet d'affirmer clairement que les Balrogs ont des ailes dans les livres de Tolkien. Certes Tolkien mentionne bien des ailes : La forme s'avança lentement sur le pont ; elle se redressa soudain jusqu'à une grande stature, et ses ailes s'étendirent d'un mur à l'autre [...] Mais quelques lignes en arrière : Son ennemi s'arrêta de nouveau face à lui, et l'ombre qui l'entourait s'étendait comme deux vastes ailes. Ainsi la première citation peut faire référence à la comparaison utilisée dans la deuxième citation, et ces "ailes" pourraient n'être qu'une métaphore désignant l'ombre qui entoure le Balrog. Tout cela reste donc très flou et il est impossible de se prononcer de façon sûre à ce sujet. |
| 12 - Où partent Bilbon, Frodon et Gandalf à la fin du SdA ? |
Le Retour du Roi ne mentionne à ce sujet qu'un voyage vers "l'Ouest". A l'ouest de Belegaer (la Grande Mer) se trouve Aman, le Pays Immortel où vivent les Valar et les Eldar. Les Elfes de la Terre du Milieu vont y rejoindre leur parents. Gandalf est un Istar qui, ayant terminé sa mission, retourne vivre parmi les Ainur sur les Terres Immortelles. C'est là également que se rendent Bilbon et Frodon, qui, en tant que Porteurs de l'Anneau, ont gagné cette récompense. Mais Frodon (et on peut très raisonnablement supposer Bilbon) se rend à Tol Eressëa et non à Valinor, comme le dit Tolkien : The sojourn of Frodo in Eressea - then on to Mandos? - was only an extended form of this. Frodo would eventually leave the world (desiring to do so). So that the sailing in ship was equivalent to death. |
| 13 - Pourquoi Bilbon a-t-il été choisi pour faire partie de l’expédition contre Smaug ? |
Il existe plusieurs raisons à ce choix. La première est que Bilbon était destiné à découvrir l’anneau, mais il est évident que ni les Nains, ni même Gandalf, ne l’ont choisi pour cette raison. Tout au plus ce dernier savait-il « en [son] cœur qu’il fallait que Bilbon accompagnât [Thorin], faute de quoi […] des événements de bien plus hautes conséquences […] n’auraient pas lieu » (Contes et Légendes Inachevées, Le Troisième Age, L’expédition d’Erebor). La seconde est que l’expédition des Nains comportait treize membres à l’origine –sans compter Gandalf- et qu’il leur en fallait un quatorzième. Cette « raison » est sans aucun doute un prétexte donné par Gandalf pour justifier l’addition de Bilbon au groupe, face à des Nains très réticents. En effet, les Nains, et surtout Thorin en exil, n’avaient soif que de vengeance face à Smaug, et ne voulaient nullement s’encombrer d’un Hobbit « aussi mou que la boue de sa Comté » (ibid). L’avenir leur apprit qu’ils avaient tort, car, comme l’avait deviné Gandalf, « l’odeur des Hobbits était inconnue à Smaug (sic), ce qui l’embarrassait grandement » (Bilbo le Hobbit, Information secrète), ce qui permit à l’expédition d’approcher le Dragon. Toujours est-il que si les Nains n’étaient pas enclins à partir avec Bilbon, ce fut un personnage clé, qui a sauvé à de nombreuses reprises les autres membres de l’expédition. |
| 14 - Pourquoi parle-t-on d’uchronie pour désigner l’œuvre de Tolkien ? |
Les Tolkiendili utilisent parfois le terme d’uchronie pour désigner l’histoire de la Terre du Milieu, voulant dire par là que l’histoire des Jours Anciens est une alternative à notre préhistoire. Or, cette utilisation est abusive ; en effet l’uchronie désigne « l’histoire refaite logiquement telle qu’elle aurait pu être », à partir d’un événement historique (Dictionnaire Larousse du XIXe siècle). L’histoire de la Terre du Milieu fait exactement l’inverse ! Elle part de la création du monde par Eru lors de la Grande Musique, à des époques antédiluviennes, et « rejoint » notre Histoire connue plusieurs milliers d’années plus tard, après le Déluge. Le terme de prim’histoire –ou de para-histoire- conviendrait mieux, car désignant des événements alternatifs à l’Histoire habituellement reconnue, et s’étant déroulés avant cette dernière. |
| 15 - Pourquoi Tolkien se dit-il « traducteur » du Livre Rouge ? |
Tout d’abord, il faut commencer par définir ce qu’est le Livre Rouge. Sous ce nom se cachent le Livre Rouge à proprement parler, et « trois gros volumes, reliés de cuir rouge » (SdA, note sur les archives de la Comté), auxquels furent ajoutés « un cinquième, contenant des commentaires » et de nombreuses feuilles volantes (ibid.). Ce Livre Rouge était le journal de Bilbon, puis de Frodon, intitulé La Chute du Seigneur des Anneaux et le Retour du Roi (SdA, livre VI, chapitre 9, Les Havres Gris), et rapportant à la fois les aventures de Frodon, et celles de son oncle. Voilà, si je puis dire, la clé de l’ « énigme » : Tolkien, en écrivant tout le Légendaire, s’est posé en rapporteur d’une tradition millénaire, au nom d’une créance secondaire, les différents volumes comprenant non seulement les histoires de Bilbo et du Seigneur des Anneaux, mais aussi « des généalogies et divers éléments au sujets des membres hobbits de la communauté » et « une version abrégée de l’Histoire d’Aragorn et d’Arwen » (note sur les archives de la Comté), c’est à dire les futurs matériaux des Appendices du SdA, et des textes concernant les « Jours des Anciens » (ibid.), le futur Silmarillion. |
| 16 - Que sont les HoMe ? |
Un peu d’histoire : en 1977, environ quatre ans après la mort de son auteur, sortait le Silmarillion. Ecrit laissé inachevé à la mort de Tolkien, constitué de différents matériaux parfois incomplets rassemblés par son fils, Christopher Tolkien, il fut suivi en 1982, de quatre tomes, Les Contes et Légendes inachevées, complétant le Silmarillion et apportant également des informations sur d’autres éléments du Légendaire, comme les palantiri, ou les Istari. Il avait engagé un mouvement. De 1984 à 1995, les douze tomes des HoMe (History of Middle-earth, dont quatre, à ce jour, ont été traduits) furent publiés. Présentant des textes inédits, et des informations sur l’évolution de la perception de Tolkien sur le monde qu’il a créé à travers plus d’un demi-siècle, de l’ébauche des Contes Perdus (HoMes I et II), premiers écrits de Tolkien sur la Terre du Milieu, à l’Anneau de Morgoth (HoMe X, non encore traduit), sorti de sa plume dans les dernières années de sa vie, Christopher Tolkien a accompli un gigantesque travail de rassemblement de textes, commentaires et éventuelles corrections, pour remédier aux inévitables inexactitudes et approximations (mais qui auraient pu être en partie comblées, d’après lui-même et certains Tolkiendili) qu’il avait faites avec la publication du Silmarillion. |
| 17 - Quel est le lien entre anglais et parler commun -ou occidentalien- ? |
Tolkien s’est présenté comme traducteur du Livre Rouge. A ce titre, il a traduit en anglais le texte de ce Livre, écrit en occidentalien, et a transformé les toponymes et patronymes occidentaliens par des équivalents anglais. Pour les autres langues apparaissant dans le Livre, ils les a soit laissées telles quelles, pour les langues non apparentées au parler commun –c’est à dire « le parler noir du Mordor, quelques noms propres et un cri de guerre en langue des Nains [et les] langues elfiques » (lettre 144)-, soit, pour les parlers parents de l’occidentalien, convertis en des formes apparentés à l’anglais. Ainsi, le Rohirric, par exemple, présenté comme plus archaïque que le parler commun, a été remplacé par le vieil anglais. |
| 18 - Quelle différence y a-t-il entre Orques et Gobelins ? |
Orques et Gobelins sont synonymes. Cette confusion vient du film de Peter Jackson, où il est dit que les Uruk-Hai sont un croisement d’Orques et de Gobelins, ce qui est totalement faux. En fait, le terme de « Gobelin » n’apparaît, pour l’essentiel, que dans le Hobbit, où dixit Tolkien (lettre 144), il « est utilisé comme traduction* [du terme « Orque »] », ce qui prouve bien que « Orque » et « Gobelin » ne désignent qu’une seule et même créature. * Traduction servant, pour le lecteur, à mieux se représenter la créature, car utiliser le terme de « gobelin » fait appel, chez le lecteur, à sa culture folklorique, de la même manière que le terme de « gnome », dans le sens grec de « sage », a été utilisé, dans un premier temps, pour désigner les Noldor, ou encore le terme d’ « elfe » pour « Eldar ». |
| 19 - Quelle est la couleur des cheveux de Legolas ? |
Peter Jackson a décidé de représenter Legolas avec des cheveux blonds. Ce n'est pas une erreur en soi, car nous n'avons aucune information précise à ce sujet dans les écrits de Tolkien et il fallait bien lui choisir une couleur de cheveux, mais on a souvent pu lire sur les forums que des membres considéraient comme acquise et évidente la couleur blonde des cheveux de Legolas. Or ce n'est pas le cas. En considérant que Legolas est un Sinda (on ne connaît pas l'origine de sa mère, mais on peut raisonnablement supposer qu'elle était, elle aussi, une Sinda), il devrait être brun : En général les Sindar ressemblaient beaucoup aux Exilés, les cheveux sombres [...] Mais Bilbo le Hobbit nous apprend que Thranduil, le père de Legolas était blond : Le festin qu'ils virent alors était, plus grand et plus magnifique qu'auparavant ; et à la tête d'une longue rangée de convives siégeait un roi sylvestre, qui portait une couronne de feuilles sur sa chevelure dorée et ressemblait fort au personnage que Bombur avait décrit d'après son rêve. Legolas aurait donc pu être blond, comme son père. La question reste donc posée... |
| 20 - Quelle est la nature des montures des Nazgûl ? |
Dans ce cas précis, une citation vaut mieux qu’un long discours. Donnons donc la parole à Tolkien ( répondant à cette question dans la lettre 211) : Ptérodactyle. Oui et non. Je n’avais pas prévu que la monture du Roi-Sorcier soit ce que nous appelons à présent un « ptérodactyle » […]. Mais il est manifestement ptérodactylien et doit beaucoup à la nouvelle mythologie *, et sa description fournit même plus ou moins une possibilité que ce soit un des derniers survivants d’ères géologiques plus anciennes. * Soit la préhistoire, ayant remplacé l’ancienne mythologie, qui est celle de Tolkien. (NdlR) |
| 21 - Quelles sont les Deux Tours ? |
Il apparaît que le titre du deuxième volume du Seigneur des Anneaux a donné du fil à retordre à Tolkien et ses éditeurs. Tolkien écrivait à Rayner Unwin : Les Deux Tours est ce que l'on peut faire de mieux comme titre couvrant les livres III et IV, très divergents ; et on peut laisser l'ambiguïté : il peut aussi bien faire référence à Isengard et Barad-dûr, qu'à Minas Tirith et B[arad-dûr] ; ou encore à Isengard et Cirith Ungol. Mais, il ajoutait plus tard : Le titre Les Deux Tours ne me plaît pas du tout. Il doit, s'il comporte vraiment une référence au vol. 2, faire référence à Orthanc et à la Tour de Cirith Ungol. Mais puisqu'il est beaucoup question de l'opposition fondamentale entre la Tour Sombre et Minas Tirith, cela semble une grande source de confusion. Finalement, Tolkien choisit Minas Morgul et Orthanc comme étant Les Deux Tours qu’il dessina sur un croquis destiné à servir de couverture au livre. Les Deux Tours sont donc dans l’esprit de Tolkien, incontestablement, Minas Morgul et Orthanc. |
| 22 - Quels sont les livres de Tolkien traduits en français ? |
Voici les différents ouvrages traduits en français à ce jour, chez Christian Bourgois, voire chez d’autres éditeurs en format de poche pour certains des livres : Dans le Légendaire : Bilbo le HobbitLe Seigneur des Anneaux Le Silmarillion Les Contes et Légendes Inachevées Le Livre des Contes Perdus (volumes I et II) Les Lais du Beleriand La Formation de la Terre du Milieu Hors du Légendaire : Faërie et autres textes (incluant les Aventures de Tom Bombadil)Lettres Lettres du Père Noël Les Monstres et les Critiques Roverandom |
| 23 - Qui est Baie d'Or ? |
Comme pour Tom Bombadil, nul ne peut affirmer quoi que ce soit à son sujet. Les indices laissés par Tolkien sont peu nombreux, et ce flou a entraîné de nombreuses théories (des plus farfelues aux plus plausibles). Nous sommes amenés à penser qu'au même titre que Tom Bombadil, Baie d'Or est une énigme laissée volontairement par Tolkien. |
| 24 - Qui est le Seigneur des Anneaux ? |
Tolkien règle la question au Conseil d’Elrond de la bouche de Glorfindel : -Mais en tout cas, dit Glorfindel, lui envoyer l'Anneau ne ferait qu'ajourner le jour néfaste. Bombadil est loin. Nous ne pourrions pas le lui apporter sans être devinés, sans être remarqués par quelque espion. Et même si c'était possible, tôt ou tard le Seigneur des Anneaux apprendrait le lieu de sa cachette et y porterait tout son pouvoir. Il y a d’autres preuves allant dans ce sens, la plus flagrante étant certainement l’entrée « Lord of the Ring » de l’index de l’édition anglaise, qui renvoie à Sauron. |
| 25 - Qui est Tom Bombadil ? |
Nul écrit de Tolkien ne donne (et probablement ne donnera jamais) une réponse précise à cette question. Il y a bien des indices, semés ça et là dans le Seigneur des Anneaux, qui ont fait naître de nombreuses théories (des plus farfelues aux plus plausibles) et entraîné de nombreux, longs, houleux et parfois consternants débats, mais personne n'est en mesure d'affirmer quoi que ce soit à propos de l'identité de Tom Bombadil. Et pour cause, Tolkien a déclaré dans une lettre que Tom Bombadil était une énigme, et ce, volontairement : En tant qu’histoire, je pense qu’il est bon qu’il y ait un grand nombre de choses inexpliquées (spécialement si une explication existe en réalité) ; et j’ai peut-être de ce point de vue eu tort en essayant d’expliquer trop de choses, et donné trop d’histoire ancienne. Beaucoup de lecteurs, par exemple, sont restés quelque peu coincés au Conseil d’Elrond. Et même en un Age mythique il doit y avoir quelques énigmes, comme il y en a toujours. Tom Bombadil en est une (intentionnellement).
Attention ! Cela ne signifie pas qu'il faut arrêter de chercher ! |
| 26 - Qu’appelle-t-on le Légendaire ? |
Le Légendaire, ou Legendarium, constitue l’ensemble des ouvrages du corpus d’écrits de Tolkien ayant trait aux Jours Anciens, c’est-à-dire à l’histoire de la Terre du Milieu. Il est intéressant de remarquer que certains ouvrages, initialement hors du Légendaire, l’ont intégré après leur écriture. C’est le cas de Bilbo le Hobbit. Face au succès de cet ouvrage, et devant l’attente des lecteurs, plébiscitant une suite, Tolkien abandonna momentanément (pour plusieurs années tout de même) ses efforts pour terminer et faire publier le Silmarillion, et s’attela à écrire une nouvelle « histoire de Hobbit », le futur Seigneur des Anneaux. Il décida d’y mêler des éléments du Silmarillion (faire correspondre l’Elrond du Silmarillion à celui du Hobbit, et bien sûr continuer l'histoire de l'Anneau, par exemple), intégrant de facto le Hobbit dans le Légendaire. |
| 27 - Sauron avait-il une forme physique durant le SdA ? |
Oui, cela ne fait quasiment aucun doute. Pour preuve ces paroles de Gollum : Oui. Il n'en a que quatre sur la Main Noire, mais cela suffit, dit Gollum, frissonnant. Gollum ayant été torturé quelque temps auparavant en Mordor, on peut supposer qu'il a vu cette main et qu'il en a souffert (au vu de ses paroles). Il existe maints autres exemples étayant cette thèse, notamment dans les Lettres. |